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Un prince au pays des empereurs

janvier 19, 2009

L’Antarctique a ce mois-ci un ambassadeur de choc : Albert de Monaco. Le souverain, sensible aux problèmes environnementaux a quitté le Rocher le 5 janvier dernier pour une expédition de quatre semaines au cœur du continent blanc.

Le prince Albert en Antarctique

Alerter l’opinion publique sur les conséquences du réchauffement climatique est l’ambition première du souverain qui, à l’occasion de l’Année Polaire Internationale a débuté le 5 janvier dernier un périple d’un mois en Antarctique. Au programme : la visite de 26 stations scientifiques et la rencontre de nombreux spécialistes internationaux. Loin de la rubrique « people », le prince a prouvé que l’on peut être une tête couronnée et doté d’un esprit vert. A noter également : c’est également le premier chef d’état à se rendre en ces contrées sauvages.

Le monarque a en effet fait la préservation de l’environnement une priorité depuis son couronnement. En 2006 il a atteint le Pôle Nord après 6 jours d’expédition à pied. Le 31 mai dernier, Monaco est devenu le 47ème pays signataire de du Traité de l’Antarctique, visant à règlementer les activités humaines sur ce continent particulièrement vulnérable au changement climatique.

Un projet international baptisé « Ice Cube »

C’est accompagné de Mike Horn que le prince a atteint le Pole et y a planté le drapeau monégasque par -40° puis a rejoint la base américaine Amundsen-Scott, à 300 mètres de là. Dans cette station spécialisée dans l’astronomie, 250 personnes y vivent l’été et 55 l’hiver. Actuellement un programme américano-européen de recherche en astronomie implique 50 personnes pour un coût de 270 millions de dollars (204 millions d’euros). Il exploite un cube d’un kilomètre enterré sous un kilomètre de glace, dont les capteurs permettent d’analyser les particules d’énergie provenant d’étoiles ayant explosé. A l’aide de puissants ordinateurs, il est ainsi possible de déterminer la provenance de ces particules et à quel type d’astre elles appartenaient. Ces recherches doivent permettre de comprendre ce qu’a été le Big Bang et comment notre planète s’est formée. Ces recherches sont possibles en Antarctique en raison de la pureté de l’air.

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La ruée vers l’Arctique

septembre 15, 2008

Le 2 aout 2007, une équipe scientifique russe plantait un drapeau en titane à 4 000 mètres sous l’eau, à la verticale du pôle dans l’océan arctique. Alors que « l’exploit » est comparé dans les médias russes à l’envoi du premier homme dans l’espace, il est surtout l’un des premiers pas franc engagé dans la bataille géopolitique pour le contrôle des grandes ressources de l’Arctique.

Il y a quelques semaines, l’agence gouvernementale américaine de recherche géologique (USGS) a estimé à 412 milliards de barils équivalent pétrole les ressources inexploitées d’or noir et de gaz dans le cercle Arctique, soit environ un quart des ressources mondiales encore inexploitées. 84% de ces réserves se situent au large…

L’étau semble se resserrer chaque jour davantage autour de l’océan Arctique. Bouleversé par le réchauffement climatique, le continent blanc est plus que jamais au centre des convoitises de ses pays littoraux (Russie, Etats-Unis, Canada, Danemark et Norvège) qui voient en la fonte des glaces, l’opportunité d’exploiter de grandes ressources de gaz et de pétrole encore inexploitées et sur lesquelles ne pèsent aujourd’hui aucune juridiction.

Une fonte estivale record

Selon des estimations publiées le 12 septembre dernier, « la banquise disparaitra totalement entre 2013 et 2040″, a affirmé Clive Desiré-Tesar, porte-parole du programme Arctique de WWF. Elle enregistre d’ailleurs cette année la plus grande fonte estivale. Ce contexte critique pour l’environnement trouve un écho plus favorable chez les pays frontaliers pour, d’une part, l’ouverture du passage du Nord-Ouest mais surtout pour l’exploitation des ressources énergétiques qui deviendraient potentiellement accessibles avec la fonte de la banquise.

Le 9 septembre dernier s’est tenue au Groenland une conférence internationale sur les enjeux de l’Arctique. La Commission européenne a annoncé à cette occasion qu’elle allait présenter « un programme d’action pour contribuer à préserver et protéger l’environnement arctique fragile et pour assurer une gestion durable de ses ressources ».

Des tensions internationales

Pourtant, la ruée vers l’arctique s’accélère : en aout dernier, Otawa a annoncé des investissements pour cartographier le potentiel minéral et énergétique du Grand Nord. Dans un autre domaine, au coude à coude avec la Russie pour la conception de dirigeables cargo, en vue de transporter les éventuelles ressources dans ce milieu hostile pour les hommes. Les dissenssions entre les Etats-Unis et la Russie ainsi qu’avec le Canada sont de plus en plus perceptibles. Sarah Palin, candidate au poste de vice-présidente aux côtés de John McCain se positionne favorablement à l’extension des forages au large de l’Alaska. Le candidat républicain s’est également déclaré en faveur de la fin du moratoire fédéral qui empêche l’exploration offshore.

Un chercheur qui a du nez

septembre 5, 2008

Je peux peser jusqu’à 4 tonnes, je mesure 6 mètres, porte une robe grise, réalise des mesures océanographiques et suis capable de plonger à plus de 1 500 mètres …. Qui suis-je ? Un océanographe bien portant ? Une machine révolutionnaire ? Non, un espion aussi efficace qu’inattendu : un éléphant de mer!

Afin de réaliser des mesures dans l’Océan Austral, l’un des océans le moins connu et le plus inaccessible du globe, des chercheurs ont équipé une soixantaine de ces gros phoques à trompe de balises Argos miniaturisées. Ainsi que le révèle un rapport publié le 11 août 2008 dans la revue Proceedings of National Academy of Science (La science (du latin scientia, connaissance) relève Historiquement de l’activité philosophique, et fut pendant…) of the USA (PNAS), ces études menées conjointement par des chercheurs du Muséum d’Histoire Naturelle, du CNRS et plusieurs équipes étrangères, permettent d’obtenir des informations inédites sur la température et la salinité du Sud de l’Océan Austral.

Cette méthode tout à fait originale a été initiée dans le cadre de l’Année Polaire Internationale. Les données, toutes inédites, car provenant de zones impraticables pour l’homme, sont transmises en temps réel aux laboratoires de recherche. Elles pourraient permettre aux scientifiques de mieux comprendre la circulation du courant circumpolaire Antarctique et d’analyser l’enrichissement en sel des profondeurs de l’océan en hiver. Transmises à l’Ifremer et à l’Organisation Météorologique Mondiale, ces informations permettent également d’évaluer l’impact du réchauffement climatique sur l’Océan Austral.

C’est en tout cas une belle revanche pour l’éléphant de mer, menacé d’extinction au début du XXème siècle. L’armada de pinnipèdes a d’ores et déjà permis de réaliser plus de 16 500 mesures, grâce à leurs soixante plongées quotidiennes à une profondeur moyenne de 600 mètres. Une autre campagne de ce type est actuellement en préparation en Terre Adélie. Cette fois-ci, les bénévoles sont des phoques de Weddell !